Histoire


Originaire du Perche, la plus petite des provinces françaises, le cheval percheron s’est façonné au cours du 19ème siècle une renommée qui ne l’a plus quitté.

Avant de devenir le cheval de trait que l’on connaît aujourd’hui, le percheron a vécu plusieurs vies. Successivement monture des chevaliers, tractionneur de diligences, puis cheval agricole, activité qui a fini d’asseoir sa notoriété mondiale, le cheval du Perche, comme tous les chevaux de trait, a mal vécu l’avènement de l’énergie motorisée dans la première moitié du 20ème siècle, au point d’être considéré dans les années 1960-1970 comme menacé de disparition.


             

Attelage de percherons appartenant à la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest.
(Journal d’agriculture pratique, 1896. Source gallica.bnf.fr).                                            Les Foins dans le Perche (Breeder’s Gazette 1913, coll. Draft Horse Journal).


C’est dans la première décennie du 19ème siècle que le percheron, cheval aux origines arabes supposées mais jamais totalement prouvées, a pu être considéré en tant que race, reproduisant d’une génération à l’autre des caractères génétiques et morphologiques fixes. C’est aussi de cette époque que date l’utilisation du terme « percheron » pour désigner la race chevaline née dans le Perche. 

Fort prisé dans  l’Europe du 19ème siècle, de l’Allemagne à la Russie, le cheval percheron a acquis avec sa conquête de l’Amérique de 1880 à 1914 une dimension planétaire qui lui a valu d’être considéré comme le roi des chevaux de trait.

C’est dans le contexte de cette expansion planétaire que s’est créée en 1883 à Nogent-le-Rotrou en Eure-et-Loir, au cœur du berceau de race d’origine, la Société hippique percheronne de France qui, depuis cette date, accompagne la race dans son devenir.

Étalon percheron Chéri 2403, exporté aux États-Unis par William L. Ellwood, 1885. (Coll. Ellwood House Museum, DeKalb, Illinois).


Après quelques dizaines d’années difficiles où le pire pouvait être redouté, le cheval percheron, dans les années 1980-1990, s’est attelé à son retour. Ce sont tout d’abord les activités de loisir, attelage et cheval monté, qui lui ont permis de retrouver le goût de l’effort et lui ont fait remettre le pied à l’étrier.


La jument Una des Prés, dans une épreuve de maniabilité à Beaufay, Sarthe, 2016.


Puis, surfant sur la vague de la préservation de l’environnement, le cheval percheron a opéré un retour dans des secteurs où il n’était plus qu’un lointain souvenir, travail en petite agriculture, en viticulture, en zones boisées sensibles. La campagne mais aussi les milieux urbains lui ont à nouveau fait les yeux doux et lui ont proposé une nouvelle gamme d’activités, transport de personnes, entretien d’espaces verts, collecte de déchets. 

 

Près de Nogent-le-Rotrou, le hongre percheron Pacha herse le lit de l’Huisne, dans le cadre d’une opération de restauration de frayères, 2013.


 

En ce début du 21ème siècle, revenu sur le devant de la scène, fort de la diversité de ses modèles qui vont du diligencier léger et sportif au trait solide et tractionneur, et riche des qualités qui ont toujours été siennes, placidité et courage, le cheval percheron peut envisager l’avenir avec une confiance retrouvée.

Texte et photos : Jean-Léo Dugast